Baromètre des risques 2020 d’Allianz : les interruptions d’activité en tête des risques d’entreprises en Afrique et au Moyen-Orient

Johannesburg | 28 janvier 2020

 Le Baromètre des Risques Allianz 2020 est la neuvième enquête annuelle sur les risques d’entreprise réalisée par Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS). Les opinions d’un nombre record de 2 718 experts ont été recueillies dans plus de 100 pays, incluant des directeurs généraux, gestionnaires de risques, courtiers et assureurs.

Cette année, les interruptions d’activité se hissent en première position du Baromètre des risques (31 % des réponses) en Afrique et au Moyen-Orient. Elles figuraient à la cinquième position en 2019 (23 % des réponses). La tendance aux pertes d’exploitation de plus en plus importantes et complexes se poursuit. Les causes de ces interruptions sont diverses, allant de l’incendie, l’explosion ou la catastrophe naturelle à la défaillance de la chaîne d’approvisionnement connectée, voire la violence politique. 

Les incidents cyber passent de la troisième place (27%) à la seconde (30%). Les entreprises ont davantage pris conscience de ces risques ces dernières années, en raison notamment de la dépendance croissante des entreprises aux bases de données et systèmes d’information, et de la médiatisation de plusieurs incidents. 

« Les entreprises en Afrique et au Moyen-Orient sont de plus en plus préoccupées par les interruptions d’activité : elles constituent le principal risque sur le continent en 2020, alors qu’elles figuraient en cinquième position en 2019. Elles se classent également parmi les trois premiers risques en Tanzanie (1er), au Nigeria (2e), en Afrique du Sud (3e) et au Cameroun (2e).

Les incidents cybers se classent au second rang des risques régionaux tandis que les entreprises sont de plus en plus préoccupées par les évolutions réglementaires et législatives, qui passent au troisième rang. Les principaux risques en Afrique correspondent aux trois principaux risques mondiaux, ce qui montre que les entreprises africaines ont des préoccupations similaires aux autres entreprises dans le monde », explique Thusang Mahlangu, Directeur général d'AGCS Africa.

Les interruptions d’activité figurent à la tête des risques d’entreprise en Afrique et au Moyen Orient. C’est un indicateur fort de la tendance à des interruptions de plus en plus importantes et complexes. Les causes sont de plus en plus diverses, allant de l'incendie, l'explosion ou la catastrophe naturelle à la défaillance de la chaîne d'approvisionnement connectée, voire la violence politique.

 « Aujourd'hui, la digitalisation des chaînes d'approvisionnement et plateformes logistiques permet la transparence et la traçabilité des marchandises. Toutefois, un incendie dans un centre de données, un problème technique ou un piratage peuvent entraîner d'énormes pertes d'exploitation pour de nombreuses entreprises dépendant d'un même système informatique et ne pouvant pas revenir aux procédures manuelles », souligne Raymond Hogendoorn, Directeur mondial de l'indemnisation dommages et risques techniques chez AGCS.

 Les entreprises sont aussi de plus en plus exposées à l’impact direct ou indirect des émeutes, troubles sociaux ou attentats terroristes. L’année écoulée a été marqué par des troubles et conflits, notamment en Ethiopie, au Mali, au Cameroun, au Niger, au Soudan, en Guinée, au Soudan du Sud, en Somalie. Ils ont entraîné des dommages aux biens, des interruptions d’activité et des pertes d’exploitation d’entreprises locales ou multinationales.

Les incidents cyber constituent le second risque en Afrique et le premier au niveau mondial. Ils sont en tête des risques d’entreprise en Afrique du Sud depuis 2016, sauf en 2019 où ils étaient en seconde position après l’interruption d’activité. Ils apparaissent en troisième position en Tanzanie, quatrième au Ghana, huitième au Nigeria et neuvième au Cameroun.

Les entreprises sont confrontées à des violations de données de plus en plus conséquentes et coûteuses, à une intensification des attaques par ransomwares et usurpations d’identité, ainsi qu’à la perspective d’amendes ou de litiges liés à la protection de la vie privée à la suite d’un événement. Une violation majeure de données, portant sur plus d’un million d’enregistrements compromis, coûte aujourd’hui en moyenne 42 millions de dollars[1], soit 8% de plus que l’année précédente. « Ces incidents sont de plus en plus dévastateurs, et ciblent de plus en plus les grandes entreprises avec des attaques sophistiquées et de lourdes demandes d'extorsion. Il y a cinq ans, une demande de rançon typique se comptait en dizaines de milliers de dollars. Aujourd’hui, elles peuvent atteindre des millions » souligne Marek Stanislawski, Directeur monde adjoint pour l’activité cyber d’AGCS.

Mais ce n’est pas tout : aux demandes de rançon s’ajoutent les pertes liées aux interruptions d’activité. Les entreprises peuvent subir des pertes importantes en raison de l'indisponibilité de données critiques, de systèmes ou de technologies pour cause de problème technique ou de cyber-attaque. « De nombreux incidents sont le résultat d'une erreur humaine et peuvent être évités grâce à la sensibilisation régulière du personnel, qui n’est pas encore une pratique courante dans les entreprises », explique M. Stanislawski.

Les évolutions législatives et réglementaires (3e avec 26 % de réponses) et le changement climatique (nouveau risque en 10e position avec 14 % de réponses) sont des risques importants pour les entreprises africaines. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le Brexit, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) et le réchauffement climatique ont été cités parmi les principaux motifs de préoccupation.

Les évolutions législatives et réglementaires passent de la quatrième à la troisième place du Baromètre des risques d’Allianz en 2019. Environ 1 300 nouveaux droits de douane ont été mis en place dans la seule année 2019. En raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les tarifs douaniers américains ont presque atteint leurs niveaux de 1970. « La politique commerciale est devenue une nouvelle arme utilisée à différentes fins politiques, à l’instar de la diplomatie économique, l’influence géopolitique ou la politique environnementale », indique Ludovic Subran, chef économiste chez Allianz.

Le changement climatique fait son entrée dans le Baromètre des risques : il figure à la dixième position en Afrique et au Moyen Orient. Les entreprises craignent en premier lieu une augmentation des dommages matériels (59% des réponses).  En effet, l’élévation du niveau de la mer, ainsi que l’intensification des sécheresses, des tempêtes et des inondations constituent des menaces pour les usines et autres actifs des entreprises, mais aussi pour les réseaux de transport et d’énergie reliant les chaînes d’approvisionnement. Les entreprises sont également préoccupées par les conséquences opérationnelles (49%), telles que le transfert de sites, et par les impacts potentiels sur le marché et la réglementation (35% et 32%).

« Les entreprises sont de plus en plus conscientes que les effets négatifs du réchauffement de la planète au-delà de deux degrés Celsius auront un impact dramatique », déclare Chris Bonnet, Directeur ESG Business Services, AGCS. « L'absence d'action déclenchera des mesures réglementaires et influencera les décisions des clients, des actionnaires et des partenaires commerciaux. Ignorer le risque climatique est plus coûteux que de s'y attaquer. C'est pourquoi chaque entreprise doit définir son rôle, sa position et son rythme pour sa transition durable - et les gestionnaires de risques joueront un rôle clé dans ce processus aux côtés d'autres fonctions ». 

Les pannes d'infrastructures critiques (21 %) et les évolutions de marché (25 %) sont de nouveaux risques dans le top 10, et ils sont directement liés. Les pannes d'infrastructures critiques sont un risque important dans la région (7e) notamment au Cameroun (2e), au Ghana (4e), en Afrique du Sud (5e) et en Tanzanie (5e). 

 Selon le rapport Africa Energy Outlook 2019, une entreprise nigériane a connu en moyenne plus de 32 coupures d'électricité en 2018. Ces coupures peuvent durer de moins d'une heure à plus d'une journée et, dans certains pays, elles coûtent aux entreprises jusqu'à un quart du chiffre d'affaires annuel potentiel et jusqu'à 2 % du PIB annuel.

Les incendies et explosions ont progressé de deux places pour atteindre le cinquième rang avec 23 % des réponses (6e au rang mondial), tandis que les risques politiques et la violence sont passés au neuvième rang avec 17 % des réponses.

Les incendies et explosions sont la première cause de pertes financières, selon les résultats de l'analyse des déclarations de sinistres effectuée par AGCS. Ces événements ont causé plus de 14 milliards d'euros (15,7 milliards de dollars) de pertes sur une période de cinq ans allant jusqu'en 2018, soit près d'un quart (24 %) de la valeur de plus de 470 000 sinistres examinés par AGCS. Ce chiffre est nettement supérieur à celui de seconde cause principale de pertes, à savoir les accidents d'aviation (14 %). En effet, même le montant moyen d'une réclamation d'assurance pour un incendie s'élève à près de 1,5 million d'euros (1,65 million de dollars). Bien que les risques politiques soient passés du second au neuvième rang, la menace continue de croître dans la région. Cela suscite un intérêt accru pour le marché de l'assurance spécialisée parmi les entreprises qui s'inquiètent de son impact sur leurs chaînes d'approvisionnement et de la menace d'interruption de leurs activités. Toutefois, l'intérêt est faible, ce qui expose les entreprises au risque d'interruption de leurs activités dans la chaîne d'approvisionnement.

[1] IBM Security, Ponemon, Cost Of A Data Breach Report 2019
Contact presse:

Lesiba Sethoga

Marketing and Communications, AGCS Africa

Email: lesiba.sethoga@allianz.com

Bahia Mira

Chargée de communication - Allianz Africa

E-mail: bahia.mira@allianz.fr

À propos d’Allianz Global Corporate & Specialty

Nos clients sont aussi divers que les activités économiques, allant des sociétés du classement Fortune Global 500 aux petites entreprises et aux particuliers. Parmi eux figurent les plus grandes enseignes du monde, des sociétés de haute technologie, des compagnies aériennes et maritimes, mais aussi des exploitations viticoles, des opérateurs de satellites et des acteurs de Hollywood. Tous se sont tournés vers AGCS pour obtenir des solutions intelligentes face aux risques les plus importants et les plus complexes, dans un environnement dynamique et international. Ils font confiance à un groupe d’assurance fort d’une longue expérience en matière d’indemnisation. AGCS travaille en permanence à construire les meilleures solutions pour ses clients grâce à son équipe mondiale comptant quelque 4 400 collaborateurs de plus de 70 nationalités dans 34 pays. Elle est l’une des plus importantes entités d’assurance des dommages du groupe Allianz, elle bénéficie de notations financières élevées et stables, ainsi que d’un réseau actif dans plus de 200 pays et territoires. En 2018, AGCS a enregistré un volume mondial de primes brutes de 8,2 milliards d’euros.

Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) est un leader mondial en assurance des grands risques industriels et l’une des principales entités du groupe Allianz. AGCS fournit aide à la gestion des risques, solutions d’assurance des dommages et transfert alternatif des risques pour un large éventail de risques commerciaux, industriels et spéciaux avec douze branches dédiées.

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